Il s'agit d'une majorité de grands dessins réalisés sur une quinzaine d'années, de 1980 à 1998, qui présentent un thème obsédant: celui d'un couple (fusionnel), parfois ceint de liens, emporté sur une sorte de "lit-tapis-volant " qui flotte dans un espace surréel.
Texte de Jean-Paul Perrenx : « Je peins ces « Personnages suspendus » depuis 6 à 7 ans et presque d’une façon obsessionnelle. J’exploite par une démarche répétitive toutes les possibilités picturales de cette entreprise. Je veux que chaque peinture soit différente de la précédente par les formes et les couleurs ainsi que par l’atmosphère créée. Pour moi, ces personnages se baladent, immobiles, à l’intérieur du cosmos infini. Ils sont suspendus entre l’espace et le temps comme les oiseaux qui passent. Visages impassibles ou sereins, ils regardent sans voir dans leurs arabesques boutonnées jusqu’au col. J’ai l’impression que les couples ainsi formés, sont encore engourdis, recroquevillés, pelotonnés et vêtus comme il se doit au filigrane près, sur la feuille de papier. Ils sont aussi, éventuellement, chrysalides et sarcophages. »
Autre texte de Jean-Paul Perrenx : « Je peins minutieusement et méticuleusement sur des petits formats de 3 cm x 2. La toile embryonnaire subit alors une lente évolution, une douloureuse mutation, et puis, c’est la naissance. L’éclosion faite, j’attendrai encore quelques semaines pour déraciner l’œuvre. J’expose mes peintures à l’état de bourgeons. Le format a démesurément poussé, grandi, jusqu’à 1,20 x 0,80 m environ. Les couples ainsi formés, sont encore engourdis, recroquevillés, pelotonnés. D’autres, ligotés et vêtus comme il se doit au filigrane près, vont en bandelettes sur la feuille de papier. Les voilas sarcophages et cocons. Il faudra patienter encore plusieurs années pour que l’homme et la femme, aux arabesques boutonnées jusqu’au col, soient coupés net, entre la vie et la mort, entre la plante des pieds et la terre. Et sur vos papyrus, vous êtes ou momies ou poupées russes. »
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